Commération des 70 ans de la Libération d'Anse

Publié le par danielpomeret.over-blog.com

Mercredi 3 septembre, la ville d’Anse a commémoré les 70 ans de la Libération de la ville et elle a fêté le 10ème anniversaire du parrainage avec le 68ème RAA (Régiment d’Artillerie d’Afrique).

je vous fais partager mon discours prononcé à cette occasion à Ansolia suite à la prise d'armes du 68ème Régiment d'Artillerie d'Afrique.

Je voudrais avant toute chose saluer le colonel ULRICH, chef de corps du 68ème RAA, et à travers lui, tous les officiers supérieurs, officiers, sous-officiers et hommes de rang de ce régiment dont la Commune d’Anse est fière d’être ville marraine Le colonel LANDROIS, ancien chef de corps Le général TREGOU, ancien chef de corps aussi, mais surtout celui avec lequel il y a 10 ans j’ai eu l’honneur d’officialiser ce parrainage avec le 68ème RAA.

Mesdames et Messieurs les maires Mesdames et Messieurs les élus Mesdames et Messieurs les présidents et membres des associations du Souvenir français, des anciens combattants Mesdames et Messieurs du Sdis et de la Gendarmerie Madame la directrice de la maison des anciens combattants de l’ONAC.

Mesdames et Messieurs

Il y a soixante-dix ans, jour pour jour, Anse était libérée. Cela faisait plusieurs années, comme partout en France, qu’Anse était occupée. Anse était tombée dans la pénombre d’une période noire de son histoire. Tant de mois de colère et de larmes. Tant de mois de souffrances, d'humiliations, de privations. Tant de mois d'impatience et d'insupportable attente. Pourtant Anse vivait, Anse résistait, pourtant Anse souffrait courageusement, pourtant Anse s’honorait en hébergeant de nombreuses familles juives persécutées par une idéologie barbare, Oui, pendant ces années noires, Anse a porté fièrement des valeurs qui sont encore les nôtres aujourd’hui : des valeurs de courage, de liberté, d’égalité et de fraternité. Aujourd’hui, si ces valeurs caractérisent notre république, c’est grâce à des femmes et des hommes qui se sont battus pour libérer notre pays, et lui rendre sa dignité. S’il y a des causes nobles à défendre, il n’existe pas de combats sans douleurs. Ainsi le 28 août 1944, les alliés américains en bombardant des ponts stratégiques à Anse, ont anéanti un quartier, et sous les décombres 22 Ansois civils sont morts ce matin là. C’est un Anse traumatisé, mais du coup un Anse réfugié dans des fermes alentours, dans des caves. C’est un Anse conscient que la libération passerait par des combats, et conscient que les combats, que la guerre, ce n’est jamais sans malheur. C’est ce Anse là qui le 03 septembre 1944 a vu les combattants des forces alliées se battre dans ses rues, se battre mètre par mètre, pour au bout de quelques longues heures libérer notre commune. Ces combattants du 03 septembre, c'était le 68ème RAA, Nous savons aujourd'hui que depuis ce jour là des liens de respect, des liens historiques, des liens affectifs se sont noués entre Anse et le 68ème RAA et que 60 ans plus tard Anse est devenue ville marraine de votre régiment. Je n'oublie pas les autres combattants de ce 03 septembre 1944, les soldats du 1er Zouave notamment qui, en première ligne, ont fait œuvre d’un admirable courage lors de ces combats. Au soir du 25 août, le Général de GAULLE, à l'Hôtel de Ville de PARIS, avec des mots qui sont restés dans la conscience nationale, déclarait : « La France, rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre plus certaine que jamais de ses devoirs et de ses droits. » Les Ansois auraient pu dire la même chose le 03 septembre au soir. Vous étiez la France qui rentrait à nouveau à Anse, certes dans la souffrance, mais c’était la liberté qui entrait à Anse par votre bravoure. En regardant son église brûlée, ses maisons incendiées, son clocher détruit, seule cette assurance d’un avenir meilleur pouvait rendre les habitants heureux ce soir là. OUI, Anse a eu ses victimes civiles et le 28 août reste une journée effroyable pour notre commune, OUI Anse a payé un lourd tribut à cette guerre avec ses résistants fusillés, ses déportés, ses hommes morts au combat ou prisonniers, mais OUI Anse était heureuse car libérée au soir du 03 septembre C’est pour cela que Anse, a voulu vous rendre hommage, à vous les combattants de la liberté. C’est pour cela que 70 ans après, nous avons tous ici la volonté de vous exprimer notre reconnaissance et de vous remercier encore, vous les dignes successeurs des combattants d’alors. Et j'associerai dans notre témoignage de reconnaissance et de remerciements tous les combattants des conflits suivants, et tout particulièrement les CATM ici présents. Bien sur, et tant mieux pour nos populations, la France depuis 70 ans n’a plus connu de combat sur son territoire métropolitain. Depuis 70 ans, nous avons réconcilié les ennemis d’alors, nous avons construit l’Europe de la paix. Lossburg, notre ville jumelle allemande est de notre famille. Et nos amis là bas sont nombreux ! Les haines d’hier ne doivent plus renaître. Car cette paix, cette liberté, cette fraternité, nous savons qu’elles sont fragiles. Le devoir de chacun d’entre nous est de veiller à lutter immédiatement contre toute idée, de racisme, d’antisémitisme, d’intégrisme religieux, de xénophobie. Non, je ne suis pas idéaliste, je suis éminemment humaniste, mais aussi simplement réaliste. Aucune société qui cherche à exclure, qui cherche à opposer ne réussit à éviter la guerre. Bien sur, Aujourd’hui les lieux de combat sont plus loin, mais ils n’en sont pas moins terribles. Et nous savons bien que lorsque la France le décide, l'armée française intervient avec courage et efficacité. Votre engagement est alors total dans vos missions, d'ailleurs votre régiment a été récemment endeuillé d’hommes tombés sur les champs d’opération. Alors Mesdames et Messieurs, s’il doit y avoir un message à retenir d’une telle cérémonie comme aujourd’hui, c’est que rien n’est acquis. Et que cela demande sans nul doute autant d’effort pour préserver notre liberté, que la reconquérir apporte de souffrance. Pour le bonheur de nos enfants, mais aussi pour notre bonheur, nous avons besoin d’une armée forte, d’une population vigilante et de discours généreux. J’espère que ce soir, chacun se sentira un peu dépositaire et responsable du bonheur des autres. Les exemples du passé donnent à nos défis d'aujourd'hui, une valeur et un sens. Je vous remercie de votre présence.

Commération des 70 ans de la Libération d'Anse
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